Tourbière ouverte et marais. Crédit photo : Jacinthe Caron
Avec ses nombreux lacs et ses forêts, Saint-Denis-de-Brompton déborde de richesses écologiques. À cheval entre plans d’eau et forêts, les milieux humides figurent parmi les plus fascinants à explorer. Ici, nous avons la chance d’en posséder beaucoup, et ceux-ci couvrent plus de 16% du territoire (1 200 hectares).
Appelés « swamps » par certains, les milieux naturels sont parfois détestés et considérés comme contraignants. Pourtant, ils offrent une quantité surprenante de services écologiques. On compte quatre principaux types de milieux humides et chacun contribue à sa façon à notre écologie. Voici quelques-uns des services qu’ils nous fournissent gratuitement. Peut-être que cela vous convaincra de leur grande importance dans les efforts de conservation menés par la municipalité, la MRC et le Québec.
Les marais sont faciles à identifier. Vous connaissez tous le marais du lac Brompton, une étendue d’eau peu profonde ornée de plantes aquatiques comme la sagittaire, la quenouille et le nénuphar. Ils fournissent un abri et une source de nourriture cruciale pour la faune. Ce sont souvent des paysages très appréciés par les randonneurs et les kayakistes.
Les marécages sont recouverts d’arbres ou d’arbustes et se trouvent généralement entre les marais et le milieu terrestre forestier. Ils ne sont pas toujours immergés, mais on les reconnaît grâce à des plantes indicatrices de milieux humides, comme l’onoclée sensible. Ces milieux retiennent l’eau au printemps ou lors de fortes pluies. Les marécages filtrent également les polluants pour éviter qu’ils ne se retrouvent dans les plans d’eau. La majorité des milieux humides de la municipalité sont des marécages.
Les tourbières ouvertes sont les plus spectaculaires et les plus rares dans la région. Elles sont davantage typiques des milieux naturels du nord du Québec. Leurs sols sont composés de plus de 30 cm de matière organique et certains en contiennent plusieurs mètres. Elles ont été formées il y a des milliers d’années. On peut y retrouver des canneberges sauvages, des plantes carnivores et du thé du Labrador. C’est à Saint-Denis qu’on trouve le plus de tourbières dans la MRC.
Les tourbières boisées sont aussi composées de sol organique, mais se trouvent sous couvert forestier. Vous les reconnaîtrez dans une forêt par leur sol couvert de mousse humide et spongieuse. L’un des rôles les plus importants des tourbières ouvertes et boisées est de séquestrer le carbone dans le sol. Elles agissent aussi comme d’énormes éponges pour prévenir les inondations.
Tourbière boisée. Crédit photo : Jacinthe Caron
La grande majorité des complexes de milieux humides sont composés de ces divers types. Malheureusement, une grande quantité d’entre eux ont toutefois été détruits ou drainés pour permettre le développement urbain et agricole. C’est pourquoi les MRC ont réalisé des « Plans régionaux des milieux humides et hydriques » afin d’assurer leur conservation. La MRC du Val-Saint-François souhaite protéger intégralement 35% de tous les milieux humides présents sur son territoire et assurer une utilisation durable et une réhabilitation des autres.
Pensez-vous avoir un milieu humide sur votre terrain? Il sera important de discuter avec la municipalité ou la MRC avant de faire un projet qui pourrait le modifier. Heureusement, le web regorge d’informations pour vous accompagner.
En attendant, attrapez votre appareil photo et prenez le temps de découvrir ces milieux riches et magnifiques!
Pour en savoir plus sur les milieux humides:
Le Plan régional des milieux humides et hydriques du Val-Saint-François (et sa carte interactive pour vérifier si vous avez des milieux humides sur votre propriété): val-saint-francois.qc.ca/services/plan-regional-des-milieux-humides-et-hydriques/
Le site PRMHH-Estrie.info pour en apprendre plus sur la démarche de conservation des milieux humides à l’échelle de l’Estrie.
Le site Nature-Action Québec pour les rôles des différents types de milieux humides : nature-action.qc.ca/les-roles-essentiels-des-milieux-humides/