Le Saint-Denisien

En avril, si on parlait de reconnaissance du travail invisible

Par Marjolaine Bourgault

, Administratrice de l'Afeas St-Denis de Brompton

, 30 mars 2026

Voici ce qu’on peut lire à ce sujet sur le site provincial de l’Afeas :

« L’Afeas travaille depuis plus de 50 ans pour la reconnaissance du travail invisible. Par travail invisible, nous entendons le travail effectué sans rémunération ou de façon sous-rémunérée, notamment le travail effectué au sein de la famille (tâches domestiques, soins aux personnes, etc.), le travail effectué par les personnes proches aidantes, le travail effectué au sein de l’entreprise familiale, le travail effectué comme bénévole et celui effectué dans le cadre d’un stage non rémunéré.

Encore aujourd’hui, ce travail est majoritairement effectué par les femmes, ce qui les pénalise dans leur épanouissement personnel, professionnel, social et économique et augmente leur risque de se retrouver en situation de précarité et de pauvreté tout au long de leur vie.

En 2001, l’Afeas a créé la Journée du travail invisible, qui a lieu le premier mardi d’avril de chaque année. Nous réclamons aux gouvernement provincial et fédéral de décréter officiellement cette journée importante, en plus de plusieurs autres revendications importantes pour valoriser adéquatement le travail essentiel effectué par les femmes à tous les jours, qui n’est toujours pas reconnu. »

En ayant en tête cette définition du travail invisible, il est facile de constater qu’il est partout dans nos vies, dans presque toutes les sphères d’activités. Ce n’est certainement pas exagéré de dire qu’il s’agit d’un pilier de notre économie. On tient pour acquis tout ce travail fait principalement par les femmes comme mentionné plus haut. On le considère normal dans leurs nombreuses tâches sans jamais remettre ce fait en question. C’est comme si on regardait ce travail de loin, avec détachement. Des soins ou des services ont été rendus, ni vus ni connus pour certains, la journée est terminée, tout le monde est heureux et demain recommencera une autre journée avec sa part de travail invisible. Et ainsi va la vie !

Faudrait-il cesser le travail invisible pour le rendre visible justement ?

Pour en saisir la pleine mesure, imaginons une seule journée où tout le travail invisible s’arrête :

  • M. Côté attend sa fille qui doit s’absenter quelques heures de son travail pour l’accompagner à son rendez-vous chez le médecin, mais elle n’est pas venue ;
  • C’est jour d’épicerie pour Suzanne. Elle ne conduit plus sa voiture à la suite d’une recommandation médicale. Sa voisine qui la prend habituellement le jeudi matin n’est pas venue aujourd’hui ;
  • Les bénévoles au CHSLD ne sont pas là pour l’activité de chant pourtant prévue tous les mercredis. A la place on a seulement ouvert la télé ;
  • La comptabilité de la ferme de Pierre est tenue depuis toujours par son épouse qui travaille aussi à temps plein comme infirmière. Aujourd’hui, la dernière mise à jour des chiffres en vue de faire préparer les déclarations de revenus n’a pas été faite. Pierre est dans l’embarras. Il a dû annuler le rendez-vous chez le comptable.

Des exemples comme ceux-là, on pourrait en énumérer une très longue liste. Quand on s’y arrête quelques instants, on voit bien toute l’importance de tous ces gestes qui facilitent le quotidien d’une quantité innombrable de bénéficiaires.

Alors, en ce premier mardi d’avril, ayons une pensée pour toutes les personnes qui œuvrent dans ce monde du travail invisible. Soyons reconnaissants et espérons que nos décideurs politiques fassent un pas significatif en décrétant, dans un avenir rapproché, une journée officielle du travail invisible. Ça semble un minimum.

FEMMES D’ICI :
Atelier sur l’intelligence artificielle

Un atelier portant sur l’intelligence artificielle sera offert le 21 avril 2026 à 18 h 30 au sous-sol de l’église. Notez bien l’heure, exceptionnellement l’activité se tiendra en soirée.

S’il y a un sujet qui est d’actualité, c’est bien celui de l’intelligence artificielle. Pas une seule journée ne se passe sans qu’on en entende parler positivement ou négativement. Cette nouvelle réalité qui a envahi nos vies à une vitesse phénoménale provoque des inquiétudes, mais pique aussi notre curiosité. Avantages, limites, risques, voilà autant de questions que cet atelier nous permettra d’aborder avec notre intelligence toute naturelle.

Activité offerte à toute la population. C’est un rendez-vous.

RAPPEL

La revue Femmes d’ici, hiver 2026 est disponible sur le site provincial de l’Afeas (afeas.qc.ca/revues/).

Votre revue est une source précieuse d’informations sur des sujets très variés qui concernent toutes les femmes. Dans la dernière édition, vous trouverez en éditorial un texte de notre présidente provinciale, Mme Lise Courteau, sur la montée du masculinisme. Également, un texte s’intitulant « Féminisme et nouvelles technologies, un nouveau champ de lutte incontournable » parle d’intelligence artificielle, sujet que nous aborderons justement lors de notre rencontre d’avril. Sous la rubrique « Portrait de femme », on nous présente la journaliste politique Chantal Hébert. Ce ne sont là que quelques exemples des articles que vous pouvez y lire. Bonne lecture si ce n’est déjà fait.