Le Saint-Denisien

Échos de la rencontre du conseil municipal du mardi 2 juin 2026

Par l’équipe du journal Le Saint-Denisien

, 15 juin 2026

Le Saint-Denisien - Échos du conseil municipal

Il y avait plus de citoyens qu’à l’habitude à la séance publique de juin du conseil municipal de Saint-Denis-de-Brompton.

Plus d’une soixantaine de personnes ont assisté aux délibérations des élus, alors que l’ordre du jour n’annonçait aucun dossier particulièrement controversé.

C’est à la période de questions du public, en fin de séance, qu’on a pu constater que plusieurs citoyens voulaient inviter les élus à faire montre de vision dans les projets de développement des réseaux d’égout et d’aqueduc sur le territoire.

Cette mobilisation survient alors qu’on attend incessamment les orientations du conseil quant au mode de financement d’un emprunt de 4,48 millions $ à venir pour la réfection de l’usine de traitement des eaux usées du secteur Village.

Ce projet, rappelons-le, consiste à agrandir et à mettre à niveau cette usine d’épuration vieille d’une trentaine d’années et qui roule à pleine capacité actuellement en desservant 300 résidences du périmètre urbain.

Or c’est cette même usine qui est visée pour permettre de densifier le coeur villageois et de prolonger le réseau d’égout dans les secteurs du Petit lac Brompton et lac Desmarais.

Déposé avec avis de motion en mars, le règlement 745 décrétant cet emprunt de 4,48 millions$ devait être adopté en avril, mais n’est pas revenu au feuilleton depuis.

Un comité de travail a plutôt été mis sur pied pour réfléchir à la meilleure façon de tarifer cet important investissement.

En entrevue avec Le Saint-Denisien, le maire Daniel Veilleux a expliqué que le comité allait faire une présentation aux élus à leur prochain atelier de travail et que le règlement 745 devrait revenir à la séance de juillet pour décision.

Il n’y aura pas de consultation publique, a-t-il avancé, il reviendra plutôt aux élus de trancher.

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Il faut comprendre que la réfection de cette usine d’épuration des eaux usées devient en quelque sorte le premier jalon vers un Saint-Denis mieux desservi en égout et en aqueduc.

Suivront en effet, selon le plan de développement de la municipalité mis en ligne sur son site web, la réfection de l’usine d’épuration Brompton et la mise en place d’infrastructures d’égout et d’aqueduc dans les rues « concernées » du secteur du Petit lac Brompton et Desmarais.

Dans ce contexte, le choix du mode de financement des travaux, par taxe de secteur, par taxe à l’ensemble, ou par une combinaison des deux, influencera sans aucun doute la suite des choses.

Quelques citoyens ont d’ailleurs pris la parole, à la séance du 2 juin, pour plaider en faveur d’un réseau d’aqueduc qui desservira plus largement le village, l’école et la sécurité incendie même, via des bornes-fontaines.

L’ancien conseiller municipal Charles Plourde, qui a siégé au comité de gouvernance sur l’eau, a été applaudi après avoir dit haut et fort que le projet d’aqueduc concerne tous les citoyens, parce que l’eau est à la base même de la vie.

« Est-ce que le conseil peut prendre des décisions et avoir du courage? a-t-il demandé. Est-ce qu’on peut avoir une vision plus grande pour l’eau? »

« Est-ce qu’on veut faire une deuxième usine Forest ou si on veut faire une usine qui va desservir l’ensemble de la population et où on veut être dans 5, 10 ou 15 ans? » a renchéri un autre citoyen, faisant référence à l’usine d’eau potable qui dessert uniquement les propriétés du Domaine Forest depuis quelques décennies.

En entrevue post-conseil, le maire a quant à lui rappelé que les usines d’égout et l’usine d’eau potable sont deux dossiers distincts selon lui et que même si la Municipalité a conscience de l’urgence de procéder, il y a des coûts tellement importants rattachés à ces projets qu’il faudra bien franchir les étapes une à la fois.

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Le conseil municipal a par ailleurs autorisé une dépense de 10 500 $ pour une « estimation préliminaire » des coûts du prolongement d’égout sanitaire dans le secteur de la rue des Artisans. Le sujet est revenu quelquefois sur le tapis au conseil municipal puisque dans ce secteur de Saint-Denis, plusieurs installations septiques sont vieillissantes et ont fait ou feront l’objet d’inspection en 2025 et 2026. « Il s’agit d’une estimation préliminaire des coûts, a prévenu le maire. Il y a encore plusieurs étapes à franchir avant de mettre une date sur le chantier. Et là comme dans le projet du Petit lac Brompton et lac Desmarais, on doit composer avec l’enjeu de l’amiante dans le sol et du périmètre urbain. »

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Un autre groupe de citoyens étaient sur place le 2 juin pour exprimer sa déception quant aux effets d’une pétition déposée à la séance de mai. Cette pétition endossée par 256 signataires réclame que la Municipalité fasse marche arrière sur la facturation des services de la Sûreté du Québec pour la réintégrer à la taxe foncière générale plutôt que d’y aller par tarif fixe de 488 $ par propriété, quelle que soit sa valeur.

Ces citoyens espéraient que le changement se fasse dès l’année 2026, alors que le maire a fait savoir que la demande serait étudiée lors de la préparation du budget 2027 à la fin de l’automne.

« Ça va prendre combien de signatures pour que le sujet ne soit pas balayé aux calendes grecques? », a questionné un citoyen.

« La réponse, vous allez l’avoir à la fin de décembre, a répété le maire. On va prendre le temps d’analyser le dossier. »

En rafale

Dans son mot d’ouverture, le maire Daniel Veilleux a salué le travail d’inventaire des actifs naturels de la Municipalité qui a franchi une seconde phase récemment. « Nos actifs naturels sont principalement, pour notre municipalité, nos lacs, nos forêts, quelques terres agricoles et nos milieux humides, car ils jouent un rôle d’actif naturel dans notre écosystème et sa biodiversité », a-t-il rapporté. Or la valeur de ces actifs s’établit à 54 millions $ et contribue en grande partie à la richesse foncière uniformisée de la municipalité qui est de 1,6 milliard $.

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Sur le plan politique, le conseil municipal a adopté deux résolutions d’appui de portée provinciale qui pourraient avoir des impacts sur son territoire. La première demande au gouvernement du Québec de modifier les critères de son programme d’aide à la voirie locale (PAVL) pour y inclure le pavage des rues gravelées à titre de travaux admissibles à une subvention. « Ce qu’on dit, c’est que c’est correct qu’on puisse passer de route gravelée à route pavée, explique M. Veilleux. Lorsque ça arrivera ici, on aimerait que le PAVL soit encore disponible. »

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La seconde endosse une démarche de la Fédération québécoise de défense des lacs et cours d’eau en matière de navigation de plaisance. La FQDLC veut en effet intervient auprès de Transports Canada de crainte que les modifications apportées à l’annexe 3 du Règlement sur les restrictions visant l’utilisation des bâtiments sur les plans d’eau viennent troubler la quiétude et la sécurité sur les 254 plans d’eau du Québec qui y sont listés. Cela a trait à la puissance des moteurs à propulsion électrique qui a décuplé depuis la rédaction de cette annexe. À Saint-Denis, le lac Montjoie se prévaut de cette annexe pour interdire les moteurs à essence dans ses eaux. Or la nouvelle mouture de l’annexe 3 modifie fondamentalement son intention d’origine, selon la FQDLC, dans le contexte où l’évolution de la technologie permet aujourd’hui à des embarcations à propulsion électrique de 7,5 kW d’atteindre des vitesses de 30 à 40 km/h.