Le Saint-Denisien

Brin d’histoire : Femmes aux Jeux olympiques

Par Marjolaine Bourgault

, Administratrice de l'Afeas St-Denis de Brompton

, 3 mars 2026

Êtes-vous passés en « mode olympique » au cours des dernières semaines ? Étiez-vous à l’affût des résultats quotidiens de nos athlètes? Probablement que oui. Difficile de ne pas se laisser gagner par ce spectacle impressionnant. Pour tous ces athlètes de haut niveau, les Jeux olympiques sont source de grandes joies, parfois de grandes déceptions, mais aussi de grands espoirs de faire mieux lors du prochain rendez-vous dans quatre ans.

L’histoire des Jeux olympiques modernes (depuis 1896 à Athènes) est particulièrement intéressante quand on la regarde sous l’angle de la place des femmes dans ces compétitions sportives. Les femmes ont toujours été présentes malgré une prédominance masculine. C’est en 1924, lors des premiers Jeux d’hiver à Chamonix, que la première femme canadienne, Cecil Smith, participe à deux épreuves de patinage artistique. Par la suite, aux Jeux d’été à Amsterdam en 1928, sept athlètes formeront la délégation féminine, six en athlétisme et une nageuse. Celles participant aux épreuves d’athlétisme seront les premières Canadiennes à remporter des médailles olympiques (l’argent et le bronze au 100 m féminin et l’or au relais 4 x 100 m féminin). Pour les Jeux olympiques d’hiver, il faudra patienter jusqu’en 1948 pour voir la première Canadienne remporter une médaille et ce sera l’or pour Barbara Ann Scott en patinage artistique.

En poursuivant mes lectures sur l’histoire des femmes aux Olympiques, j’ai constaté qu’elles partaient de très loin comparativement aux hommes. Les idées bien ancrées au sujet de la femme et son rôle dans la société au 19e siècle font la vie dure à celles qui voulaient pratiquer certains sports. À cette époque, on estime que les femmes devraient plutôt s’adonner à des sports gracieux qui mettent en valeur leur féminité tels que le patinage artistique, le plongeon, la natation ou les sports de raquettes. On considère que les sports d’équipe plus robustes comme le hockey, le soccer ou le baseball sont inappropriés pour les femmes. Dans un article de Tabitha de Bruin dans l’Encyclopédie canadienne (Les femmes et le sport au Canada : une histoire) elle cite un commentateur qui aurait même dit « que les femmes ne sont tout simplement pas faites pour courir. » Ouf, toute une pente à remonter! Ce genre de commentaires persiste jusque dans les années 1920 et 1930 où des commentateurs sportifs estiment encore qu’elles ne devraient pas participer à « des sports qui font transpirer ou qui manquent de grâce ».

Ce discours ne les a pas empêchées de persévérer et de participer à presque que toutes les disciplines olympiques par la suite, individuellement ou en équipe. Bien sûr il aura fallu attendre, parfois longtemps, pour que certains sports deviennent accessibles aux femmes. Ainsi, ce n’est qu’en 1984 qu’on verra les femmes participer à un marathon olympique et c’est seulement en 2012 que toutes les disciplines olympiques aux Jeux d’été deviennent possibles pour elles. Les succès n’ont pas tardé et ils sont nombreux. Pour un exemple, pensons simplement aux médailles d’or de notre équipe féminine de hockey avec ses victoires contre les Américaines en 2002, 2006, 2010, 2014 et 2022. Les femmes excellent et leur importance dans le monde du sport olympique est incontestable. Les statistiques concernant la récolte des médailles aux épreuves féminines des trois derniers Jeux d’été le démontrent bien : Rio en 2016 : 16 médailles sur un total de 22, Tokyo en 2020 : 18 médailles sur un total de 24 et Paris en 2024 : 17 médailles aux épreuves féminines et 1 en double mixte au tennis sur un total de 27. Ces chiffres sont éloquents quant à l’aptitude des femmes à pratiquer des sports et n’importe lequel des sports.

Parité

Bien que dominé par les hommes, le nombre de femmes dans les délégations olympiques n’a jamais cessé d’augmenter au fil des années. Aux derniers Jeux d’hiver à Beijing, il y avait 106 athlètes participant aux épreuves féminines contre 109 aux épreuves masculines.

Sur le site du Comité international olympique (CIO) on peut y lire clairement l’engagement en matière d’égalité de genres lors des Jeux de Milano Cortina. Parmi les 16 disciplines des Jeux, 12 atteignaient la parité hommes-femmes. Le Canada
pour sa part a présenté une délégation composée de 108 femmes et 99 hommes selon les derniers chiffres disponibles. Certainement des standards à conserver.

Que de chemin parcouru par les femmes. Bravo pour tous ces efforts et sacrifices et merci pour le spectacle que vous nous avez présenté.

Invitation à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes

En collaboration avec le Comité culturel de Saint-Denis-de-Brompton, l’Afeas vous propose un échange-causerie pour souligner la Journée internationale des droits des femmes. La rencontre aura lieu le 10 mars 2026 à 13 h 30 au sous-sol de l’église.

La conférencière invitée, Mme Catherine Dumont-Lévesque, historienne des femmes, viendra nous parler de l’histoire des femmes au Québec.

Cette activité est offerte à tous. Soyez les bienvenus.

Cabane à sucre

Le 12 mars prochain se tiendra l’activité « Cabane à sucre », activité en commun avec la FADOQ St-Denis-de-Brompton. C’est à la cabane Au Bec Sucré de Valcourt que nous nous rencontrerons pour un dîner. Vous êtes attendus dès 11 h. Ce sera l’occasion de participer à cette savoureuse tradition et de rencontrer les membres des deux associations.
Réservation requise au plus tard le 1er mars 2026 auprès de Mme Nicole Castonguay (819 846-4693). Le coût du repas, au montant de 31 $, est payable sur place le jour même
de l’activité. Venez vous sucrer le bec !